Le Plan C

Avec un chômage record, les Français, dans leur globalité, exigent des résultats rapides de leurs nouveaux dirigeants. S'ils ne viennent pas, que faire? Patienter ou se radicaliser? Aux élections, s'abstenir ou se laisser séduire par des démagogues ou des populistes? N'existe-t-il donc pas d'autres choix?Moi, citoyen normal, parce que je suis persuadé qu'un monde meilleur, équilibré est vraiment possible, si nous nous impliquons davantage, je propose des réformes structurelles concrètes pour notre société (éducation, écologie, fiscalité, dettes, retraites, Europe, finance internationale), pour mettre fin au fatalisme, à l'attentisme.

144 pages  -  ISBN : 9782342018233  -  Essai > Commander le livre
La presse en parle

Vers un printemps scolaire français

Réforme du bac : le rapport Mathiot fera-t-il le printemps du lycée ?

Mercredi 24 janvier a été rendu au ministre J-M. Blanquer un rapport sur la "réforme du bac (et du lycée)" à l'horizon 2021. L'auteur Pierre Mathiot a listé des propositions après diverses consultations sur le terrain en France et à l'étranger : fin des 3 séries "classiques" avec ses options tous azimuts, remplacées par des séries (de quel nom ?) plus "concentrées" sur 2 matières "majeures" (en plus d'un tronc commun et 2 matières "mineures") ; examens écrits en partie au printemps ; contrôle continu de plus grand poids (comme à la fac avec les partiels ou comme au brevet ?) ; 2 "semestres" au lieu de 3 trimestres ... comme à la fac (mais combien de conseils de classe, 2 ou 4 ?) ; grand oral interdisciplinaire de fin d'année à l'italienne... Cette instillation d'université au lycée est-elle une sélection déguisée en une nouvelle "qualification" des futurs bacheliers aux études supérieures ? Préparera-t-elle efficacement à la réussite de ces étudiants ?

On a depuis longtemps qualifié de "voie royale" la filière scientifique. Cette "mise à mal" des séries générales avec ses 2 matières principales n'est pas nouvelle : souvenons-nous de l'abandon de l'histoire-géographie en Terminale S, sous le gouvernement Fillon, rétablie sous celui d'Ayrault. Le principal sujet dans ce rapport, peu traité médiatiquement, reste la transition vers des études supérieures, dans le but louable de limiter le taux d'échec en cours de licence. Certes, les journaux avaient traité précédemment des fameux pré-requis (enseignés et en principe sanctionnés durant quelques semaines jusqu'à 1 an, on ne sait où, quand, comment et par qui) exigibles selon les universités. Orienter mieux les bacheliers est consensuel, mais que feront-ils en cas d'échec, où seront-ils in fine acceptés ? Les études, c'est comme le logement : il n'y a pas de place pour tout le monde dans l'endroit voulu ou bien il faut pouvoir payer le prix, dans tous les sens du terme.

M. le ministre Blanquer a depuis tranché et la réforme aura lieu dans ses grandes lignes mais comment seront rédigés les nouveaux programmes, les nouvelles éditions de manuels scolaires seront-elles prêtes à temps, quel coût pour les grandes régions, etc. ?


Le rapport du 13 février sur l'enseignement des mathématiques fera-t-il le printemps du primaire et du collège ?

Les jeunes Français sont mal classés en mathématiques (qui ne se résument pas aux calculs), donc il faudrait aussi réformer ! Malgré les allègements de programmes, malgré la qualité de manuels généralement mal exploités par les élèves et où des exemples concrets, des exercices résolus sont très présents, rien n'y fait. Pour rassurer plus les parents que les élèves, les professeurs (des écoles) seraient globalement insuffisamment formés à l'enseignement des mathématiques mais pour ne pas mécontenter lesdits professeurs, le rapport met l'accent aussi sur la promotion du goût de l'effort de chaque élève. Cette commande de rapport met à jour bien des paradoxes dont celui de la part du gouvernement Philippe et en premier lieu de M. le Président Macron, qui cherche à responsabiliser chacun davantage et "en même temps" limiter l'Etat - Providence pour tous.

Le mal nommé "péché" originel vient dans le fait qu'il y a très souvent projection du pays dans sa jeunesse : si les jeunes ont de mauvaises notes, ce sont leurs parents qui ont reçu ces mauvaises notes donc par extension le pays qui est mal noté et qui, culpabilisé, a in fine "honte". Autrement dit, si des citoyens, même en devenir, vont mal, c'est de la faute des parents, des adultes, de l'autorité, bref de la société (de surcroît démocratique et laïque), donc du pays tout entier : cet argument fallacieux ou ce syllogisme (un parmi d'autres) est souvent utilisé à mauvais escient - pour ne pas dire de mauvaise "foi" - pour "justifier" a posteriori des actes criminels (de maltraitance, etc.) comme pour endoctriner puis embrigader dans des sectes terroristes pseudo politiques ...

Depuis que les gouvernements ont permis "un droit de regard" ou contestation des parents d'élèves sur l'orientation, la pédagogie voire les punitions ou les notes - fin du redoublement proposé par le conseil de classe au collège et au lycée, abandon progressif des notes au profit des évaluations de compétences (acquis, en cours d'acquisition, ...) pour éviter toute "frustration" globale de l'élève, devoirs faits en classe (collège) par souci d'égalitarisme, ... -, le monde scolaire s'est largement adapté voire, diront certains, nivelé par le bas aux "exigences" de l'élève, dont les options. La "réforme" du lycée revient quasiment à chaque mandat présidentiel, mais il persiste deux points négatifs : une régression continue dans les classements internationaux PISA (pour élèves de 2nde) et un taux d'échec (redoublement, abandon) toujours aussi important en licence, et ce malgré la mise en place de tutorat. L'actuel bac avec ses options (jusqu'à obtenir une moyenne supérieure à 20 /20) et des mentions toujours plus nombreuses ont pu donner l'illusion que les études supérieures seraient presque aussi "faciles". En fait, on a éludé le changement radical de l'adaptation de l'élève face au monde scolaire, préalable à celui du citoyen face au monde du travail : isolé, l'étudiant doit se plier au rapport à l'université (rythme et charge de travail soutenus).

Je proposais dans mon essai un nouveau bac en 4 ans, sans alourdir le programme, mais en le répartissant sur 4 ans au lieu de 3. Le temps libéré servirait à des rencontres voire des "cours d'initiation" avec des professionnels, comme cela peut se faire à l'université pour le master. Je rajouterai que l'on pourrait introduire pour les 2 dernières années du nouveau bac la méthode utilisée en fac, à savoir que les cours, les TD et les TP ne sont pas encadrés par le (la) même professeur(e). Certes, il faudrait agrandir des lycées (avec l'argent de "location" des manuels en lieu et place de la gratuité effective mais "coûteuse" pour de nombreuses régions), réadapter les emplois du temps, mais c'est une expérience à tenter... qui serait, ironie du temps, dans la poursuite de l'introduction de l'université au lycée prônée dans le rapport Mathiot !

Pour que l'Education Nationale remplisse sa mission affichée de former de futurs citoyens, elle ne doit pas oublier que le primaire doit préparer l'entrée au secondaire en collège, que le collège doit préparer au lycée, que le lycée doit préparer la transition aux études supérieures et/ou au monde du travail.

Philippe POINSOT de Dijon
Posté le 13/02/2018 17:54:17
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