Le Plan C

Avec un chômage record, les Français, dans leur globalité, exigent des résultats rapides de leurs nouveaux dirigeants. S'ils ne viennent pas, que faire? Patienter ou se radicaliser? Aux élections, s'abstenir ou se laisser séduire par des démagogues ou des populistes? N'existe-t-il donc pas d'autres choix?Moi, citoyen normal, parce que je suis persuadé qu'un monde meilleur, équilibré est vraiment possible, si nous nous impliquons davantage, je propose des réformes structurelles concrètes pour notre société (éducation, écologie, fiscalité, dettes, retraites, Europe, finance internationale), pour mettre fin au fatalisme, à l'attentisme.

144 pages  -  ISBN : 9782342018233  -  Essai > Commander le livre
La presse en parle

Covid-19, capitaux : quand la libre circulation n'est pas toujours heureuse

Certains pensent que si le pays (re)devient grand, le peuple en sera satisfait et reconnaissant, d'autres pensent le contraire, à savoir si le peuple (re)devient optimiste, confiant, le pays en sera renforcé et rayonnera, d'autres encore pensent que si le pays est grand, alors l'Europe est grande et réciproquement. Ce qui est vrai politiquement l'est aussi économiquement et socialement, d'où le plan historique de relance européen pour répondre à ces questions :
- quel type d'arrosage sur un terrain sec faut-il pour l'irriguer, comment le fertiliser et faire revivre la végétation, recharger des nappes phréatiques ? réponse donnée : un arrosage massif, voire démesuré
- quelle part de la végétation survivra-t-elle, y aura-t-il de nouvelles pousses ? quelle quantité d'eau se recyclera-t-elle en pluies ? réponse : espérons le plus possible. S'il y a des pertes, on verra plus tard ... ou jamais.

Plusieurs lectures du plan de relance européen de 100 milliards d'euros peuvent se faire selon le bord politique auquel on adhère :
- soit il s'agit de considérer que l'Etat répare ce qu'il a abîmé et qu'il a enfin pu débloquer des fonds importants du style plan Marshall (on arrose un terrain sec),
- soit il s'agit d'un calcul purement électoraliste et clientéliste (la majeure partie des fonds est destinée aux entreprises),
- soit le souverainisme gagne le camp des progressistes : pour preuve, cet énième plan pour revitaliser notre pays, après cette nouvelle crise, comme jadis le plan Barre. De nouveau, un haut commissariat au plan disparu il y a vingt-cinq ans, comme il y a eu un ministère de la relance (P. Devedjian). Si les progressistes sont sincères, pourquoi ne s'inspirent-ils pas déjà de tous les rapports et plans remis depuis des lustres (Attali, Borloo, etc.), sans compter les quelques idées du Grand Débat ou en particulier des mesures détaillées dans mon essai "Le Plan C" ? Bas le masque : ce souverainisme de circonstance n'est pas national mais européiste.

Comme il aurait pu éviter de faire des économies de bouts de chandelle (sur les hôpitaux), l'Etat aurait pu éviter de jouer encore une fois au jardinier, au pompier, à l'assureur (indemnisation du chômage partiel) et au banquier (prêts garantis) ; au lieu de "supplier de jouer le jeu [en matière d'emploi], de faire confiance, d'en appeler à la responsabilité", qu'il ait enfin le courage politique de faire voter des lois ou d'imposer des restrictions telles que :
- obligation à l'assurance d'indemniser en cas de pandémie / épidémie (quitte à créer une taxe sur la prime pour alimenter un fonds spécial comme il en existe pour les attentats terroristes),
- obligation à la banque de prêter un minimum de 5 % du montant avec un taux d'intérêt maximum encadré selon le montant et la durée d'emprunt (cf. "Le Plan C"),
- confinement ciblé aux seules personnes positives au covid-19, le couvre-feu ne faisant que "déplacer" de quelques heures des rassemblements et asphyxiant l'économie des loisirs nocturnes qui avaient pris toutes les dispositions sanitaires nécessaires cet été (théâtres, cinémas, etc.).

Quant à l'Union Européenne, sans laquelle il n'y aurait pas cet "argent magique", aujourd'hui la voilà embarquée dans l'engrenage des dettes qu'il faudra rembourser tôt ou tard avec des taxes, or ce n'est pas une compétence européenne donc il faudra une révision des traités : se fera-t-elle avec les peuples ? C'est encore une fois ce que je proposais dans mon essai : 6 ans de perdus pour cause de dédain des pouvoirs (et de médias) vis-à-vis d'un citoyen si ordinaire, qui a montré avant l'heure comment se réinventer...

Ce plan de relance ne sera effectif qu'à partir de l'an prochain et par tranches, un peu comme avec la Grèce, avec l'aval de la Commission veillant à la destination des fonds. Cette "technostructure" supranationale ne fait que rajouter une couche administrative avant de voir ruisseler le premier euro jusqu'au moindre des territoires si chers au Premier ministre Jean Castex. De toutes les manières, ce plan ne peut sauver des emplois privés (Bridgestone), à moins de mettre encore de l'argent public (subventions) - les nationalisations étant couteuses -, avec si peu de nouveaux capitaux privés (investissements). Malgré les mesures de remboursement d'aides publiques et les obligations légales à l'employeur de proposer un plan de reconversion des emplois supprimés, cette fermeture de site, comme d'autres auparavant (Florange, etc.), n'est donc pas nouvelle et sans une taxation intelligente (cf. "Le Plan C") pour toute société, basée sur le chiffre d'affaires réalisé en France, pondéré par la masse salariale en France (aussi valable sur les GAFAM "fossoyeuses des petits commerces locaux", et cette fois de façon pérenne), les délocalisations et les optimisations fiscales intra- et extra-européennes se poursuivront. Le marché très ouvert dans l'UE, malgré les normes environnementales et sociales, se heurte hélas aux protectionnismes et souverainismes chinois et américain : une mesure de réciprocité semble de bon sens, mais comme la concurrence est libre et non faussée, un protectionnisme ne doit et ne peut se mettre en place qu'au niveau européen. Par cette fiscalité exemplaire et moderne à la française, extensible aux autres pays de l'UE, puisque celle-ci n'a pas la compétence fiscale, l'argent ne ruissellera plus mais circulera véritablement.

Philippe POINSOT de Dijon
Posté le 26/10/2020 14:12:56 Réaagissez à cet article
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