Le Plan C

Avec un chômage record, les Français, dans leur globalité, exigent des résultats rapides de leurs nouveaux dirigeants. S'ils ne viennent pas, que faire? Patienter ou se radicaliser? Aux élections, s'abstenir ou se laisser séduire par des démagogues ou des populistes? N'existe-t-il donc pas d'autres choix?Moi, citoyen normal, parce que je suis persuadé qu'un monde meilleur, équilibré est vraiment possible, si nous nous impliquons davantage, je propose des réformes structurelles concrètes pour notre société (éducation, écologie, fiscalité, dettes, retraites, Europe, finance internationale), pour mettre fin au fatalisme, à l'attentisme.

144 pages  -  ISBN : 9782342018233  -  Essai > Commander le livre
La presse en parle

Quand la démagogie gouverne le monde

Destins croisés de la Grèce et du Royaume-Uni.
Il est plus fréquent de récolter la fatigue, le mécontentement, la colère du peuple que sa gratitude, telle pourrait être la morale politique.
Il y a tout juste 4 ans, c'était la crise grecque * : bras de fer entre Syriza d'Alexis Tsipras, fièrement populiste mais non démagogue, nouvellement élu contre les anciens gouvernements laxistes, et la zone euro, avec son plan d'austérité : le Grexit était même envisagé si ce plan n'était pas suivi et finalement, le gouvernement grec obtempérait, contre son électorat. Trahison ou au contraire retour à la raison ? Courage serait le mot juste. Quasi dans le même temps, pour cause électoraliste, le Premier ministre conservateur sortant du Royaume-Uni, pourtant hors zone euro, promettait un référendum sur l'UE, quand la Grèce y restait, littéralement coûte que coûte. Il refusera en son âme et conscience d'organiser le Brexit. A une lettre près mais de taille (économique), voilà que le Brexit deviendra effectif, plus de 3 ans après le référendum, le 31 octobre 2019 après moult reports accordés par l'UE. Cela se fera a priori sans accord selon le nouveau Premier Ministre, puisque l'ex- Premier(e) Ministre Theresa May démissionnaire n'a pas su convaincre une majorité de parlementaires de ratifier l'accord négocié pendant 2 ans, jouant la montre, se laissant enferrée au lieu de jouer le va-tout d'un référendum sur le contenu de cet accord.
Ce dimanche 7 juillet, ce gouvernement "populiste" a été victime du "dégagisme" mais de peu : sa crédibilité envers l'UE a payé et les Grecs ne sont pas si ingrats. Si les comptes publics sont devenus meilleurs avec des excédents budgétaires, la Grèce va connaître un (nouveau ?) pouvoir, libéral (Nouvelle Démocratie) élu par rejet de Syriza et/ou sur une mesure assurément démagogique, la baisse des impôts. Il devra néanmoins respecter le plan d'austérité pour rembourser les créanciers !
La crise des dettes n'est toutefois pas réglée : malgré une réglementation bancaire avec obligation de davantage de fonds propres et une séparation des activités, la BCE certes racheta des dettes, des taux d'intérêt devinrent quasi nuls pour une circulation optimale des capitaux, et toujours plus de crédits, mais quelle marge de manoeuvre aura-t-elle si une nouvelle fois la crise se déclare (instabilité politique, économique en Italie, tensions entre Chine et USA, risque de récession en Allemagne...) ? Et pourtant, il n'y a pas que l'Europe qui soit confrontée à ce problème et une solution existe, détaillée dans mon essai "Le Plan C", mais qui veut l'entendre ou la lire ?

Le changement, c'est maintenant, mais la continuité résiste.
Depuis 2017, les Etats-Unis d'Amérique ont un nouveau Président, D. Trump, mal aimé en Europe mais qu'importe. Tel un cabotin (dans la lignée de l'italien S. Berlusconi), il aura dans son pays entretenu une prospérité voire provoqué une surchauffe économique, peu ou prou fait bouger les lignes diplomatiques avec la Corée du Nord, ou économiques avec le Mexique et la Chine, pseudo réglé le cas syrien en intervenant non contre son dirigeant dictateur mais contre Daech dans une large coalition. Mais il compromet toute perspective de paix entre Israël et la Palestine, déstabilise l'Iran. Bref, neutralisme et protectionnisme sont de retour.
Par le jeu démocratique, il y eut des changements notables en Italie (Matteo Renzi et ses plus de 30% aux européennes de 2014 remplacé par une coalition contre-nature mais europhobe), en Espagne (suite à des soupçons de corruption), et dernièrement au Brésil où la corruption au plus haut niveau fit accéder au pouvoir fédéral un président se revendiquant "Trump tropical", et que dire du président néophyte en Ukraine (amputée de la Crimée, rattachée à la Russie de Poutine, allié de la Syrie). Un certain populo-nationalisme, déjà en place en Hongrie ou en Pologne, semblait donc progresser, mais c'était sans compter un vieux scandale de corruption révélé opportunément (Autriche) et une réaction libérale et de nouveau écologiste aux européennes de 2019, reléguant les partis traditionnels gouvernementaux. Cette nouvelle donne ou renaissance préfigure-t-elle un nouveau monde humaniste, et d'abord humain ?
La Turquie d'Erdogan s'est peu à peu refermée sur elle-même, depuis le putsch manqué et la forte répression qui s'ensuivit, revenant sur la laïcisation kémaliste, mais la dernière élection municipale à Istanbul peut redonner espoir à l'opposition.
Les attentats djihadistes terrorisaient l'Europe (France, Allemagne, Belgique...) dans les années 2015 et suivantes mais se poursuivaient encore en Asie et tout récemment en Afrique, visant des Occidentaux et des structures économiques ou politiques du pays victime, malgré la défaite militaire de Daech marquant l'anéantissement de son "Etat islamique".
Dès que des pays auront perdu des appuis extérieurs ou que leurs rentes se tariront, qu'il y aura des soupçons de corruption, que l'armée changera de camp, les dirigeants seront chassés. Par exemple dans des pays producteurs de pétrole / gaz, Venezuela, Algérie subissent des révoltes populaires, mais l'armée a toujours un rôle important. Alors que les pays rivaux du golfe persique (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis) changent de stratégie (diversification économique, réformes pour les femmes) et de génération ... dans une continuité politique dynastique.

Démocratie participative et démocratie directe, un retour aux sources salutaire ?
Aussi en France, il n'est jamais bon de décider à chaud, surtout seul et contre tous. Le Grand Débat était censé désamorcer la colère antifiscale et anarchiste du mouvement des Gilets jaunes. Il s'avère n'être, malgré la participation active de citoyens investis, que le prétexte à la poursuite accélérée des réformes annoncées lors de la campagne électorale. Le maillage territorial du service public pouvait être financé par le maintien d'un impôt local, l'ex- taxe d'habitation (TH) étant rebaptisée TSP, taxe pour la sauvegarde du patrimoine ou taxe pour le service public. De nombreux travaux (prévisibles) d'entretien sont à entreprendre, dont la rénovation du bâti (écoles, collèges, lycées, EHPAD, hôpitaux, etc.). Mais la démagogie a pris le dessus : suppression programmée de la TH et récemment baisse de l'impôt sur le revenu, défiscalisation des heures sup', baisse de cotisations sociales et patronales provoquant le retour de déficits (assurance chômage, sécurité sociale, retraites) et stigmatisation des dépenses sociales ("un pognon de dingue").

Le sérieux n'est pas toujours là où on l'attend, la démagogie non plus, parole d'un citoyen averti.

Dans les 4 prochaines années, il serait bon que tout pouvoir exécutif, le relais des députés semblant ne pas fonctionner, (re)prenne le temps, dans le pur esprit du dialogue social, constructif, d'égal à égal, d'interroger, d'écouter et surtout de suivre quelques pistes ouvertes par les citoyens, sans attendre le rendez-vous passionnel des élections locales comme nationales, voire européennes. A suivre.

Philippe POINSOT de Dijon
* voir article du bien Public du 9/7/15 lisible sur le site (revue de presse)
Post� le 09/07/2019 12:46:25
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