Le Plan C

Avec un chômage record, les Français, dans leur globalité, exigent des résultats rapides de leurs nouveaux dirigeants. S'ils ne viennent pas, que faire? Patienter ou se radicaliser? Aux élections, s'abstenir ou se laisser séduire par des démagogues ou des populistes? N'existe-t-il donc pas d'autres choix?Moi, citoyen normal, parce que je suis persuadé qu'un monde meilleur, équilibré est vraiment possible, si nous nous impliquons davantage, je propose des réformes structurelles concrètes pour notre société (éducation, écologie, fiscalité, dettes, retraites, Europe, finance internationale), pour mettre fin au fatalisme, à l'attentisme.

144 pages  -  ISBN : 9782342018233  -  Essai > Commander le livre
La presse en parle

Peut-on être à la fois souverainiste et progressiste ?

Les élections territoriales françaises ne passionnent pas beaucoup les électeurs mais plutôt les médias qui se focalisent sur quelques régions dont les enjeux sont les candidats plus que les programmes. Comme lors du dernier scrutin national, les européennes, le duel souverainisme (RN) - progressisme (LREM) semble se dessiner au second tour de ces futures élections présidentielles, au détriment du classique et désormais archaïque clivage gauche - droite, même si les électeurs le rejettent par sondage. Certes, les sujets de sécurité, d'immigration, de sortie de crises sanitaire et économique, etc. sont des préoccupations individuelles et collectives importantes, le plus souvent hors cadre territorial. Des solutions sont présentées de façon binaire, simpliste, manichéenne par notre personnel politique, comme si les électeurs ne pouvaient entendre autre chose de plus abouti, de plus approfondi.

Changeons d'échelle et prenons le cas de la fiscalité : il suffit que le président américain Joe Biden, Démocrate, soit à l'initiative d'un impôt sur les sociétés à taux mondial minimal pour que l'UE se dise favorable, elle qui a en son sein des pays membres (zone euro ou pas) avec des taux disparates concurrentiels. Cela arrive maintenant que les Etats se sont surendettés pour indemniser le personnel et le secteur économique qu'ils ont stoppé net. Qui a empêché un Etat, par essence souverain, de prendre une décision pour réformer sa propre fiscalité ? Pourquoi toujours arguer que rien ne peut se faire sans consensus multilatéral ? Ce fameux taux minimum sur les sociétés (15 %) ne concerne que les différentiels avec les taux pratiqués par le pays qui héberge le siège social de l'entreprise : soit celle-ci paie sur ses bénéfices, après versement de dividendes à ses actionnaires, davantage au pays hébergeur qui aura relevé son taux d'imposition jusqu'à ce taux plancher, soit elle paie la différence avec ce taux plancher au pays de sa nationalité. Ces entreprises à très gros bénéfices (sociétés numériques) pourront donc continuer de localiser leur siège social dans ces pays à bas taux, même relevés au minimum mondial. Pour la France qui pratique un taux nettement supérieur (au-delà de 25 %, moyenne européenne), elle ne percevait rien mais aura un gain, même minime, d'où son approbation enthousiaste. Il eût été plus sûr et plus judicieux, selon ce que j'avais présenté dans mon dernier essai Le Plan C (2014), de pratiquer un impôt pérenne sur le chiffre d'affaire réalisé dans le pays, modéré par la masse salariale dans le pays, et pas seulement de manière temporaire, démagogique et ciblée aux seules sociétés numériques, américaines de surcroît. De même au niveau européen, qu'attend-on, comme je l'avais proposé, pour encadrer (et non uniformiser) le taux d'impôt sur les sociétés ? On parle d'une directive présentée au Parlement européen... Dans le même temps, l'on dit que, faute de respecter les critères par ces temps de crise, Maastricht est mort. Après le rejet du traité constitutionnel de 2005, les traités par référendums ne sont plus en odeur de sainteté populaire. Les peuples ne sont pas les ennemis de leur classe politique dirigeante ; ils veulent simplement être écoutés, être respectés, être traités en adultes libres, participer et savent aussi se montrer des citoyens du monde. Il suffit de leur en donner l'occasion.


Philippe POINSOT de Dijon
Posté le 16/06/2021 16:06:16 Réaagissez à cet article
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